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Loire & biodiversité

Loire & biodiversité

Pour vous, nous illustrons ici l'exceptionnelle biodiversité que l'on peut rencontrer près de la Loire à Mardié, et plus largement dans le Val de Loire du Loiret ; biodiversité remarquable... mais hélas menacée par un absurde projet de déviation routière datant du siècle dernier, avec franchissements du grand fleuve. Notre association MARDIEVAL s'y oppose durablement (voir notre site http://le-castor-enerve.fr/). Nous avons entrepris de valoriser ces richesses naturelles, et nous refusons qu'elles soient inutilement détruites !

Publié le par Jim
Publié dans : #Espèces et territoires

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Si l'on parle des nids des oiseaux (de chez nous), on doit commencer par celui de la Mésange à longue queue (Aegithalos caudatus) dont oiseaux.net dit qu'elle "se range parmi les meilleurs bâtisseurs au royaume des oiseaux, et en dépit du fait qu'elle constitue un des plus petits oiseaux par la taille". "Les parois du nid ont une épaisseur de 1,5 à 2,5 cm et son tissées presque exclusivement de mousse et de lichen, avec une plus petite quantité de fibres végétales. La surface en est parfaitement masquée par des bribes d'écorce, des toiles d'araignée et des cocons d'insectes, si bien qu'ainsi camouflé, le nid passe complètement inaperçu (...)."

(Le nid présenté, trouvé au sol, n'est pas en situation réelle)

 

En cela, la Mésange à longue queue est différente des autres Mésanges qui nidifient, elles dans des cavités.

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Ainsi, cette Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) qui a choisi un trou dans le mur d'une vieille maison paysanne. Mais qui aurait pu aussi s'installer dans un trou d'arbre, un nichoir... ou une boite aux lettres à fente ouverte.

 

Il faut rappeler en tout état de cause qu'un nid n'est pas un logement permanent, mais uniquement le lieu d'une reproduction. D'où un certain nombre de critères qui sont liés à cette conjoncture... et qui sont plus ou moins privilégiés suivant les espèces : confort intérieur, abri des intempéries, dissimulation et/ou accès protégeant d'éventuels prédateurs etc.

 

Question abri des intempéries, l'intérieur d'une grange est à peu près ce qui se fait de mieux.

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On peut compléter avec du confort, surtout quand la construction du nid n'a pas demandé un gros effort : c'est un ancien nid d'Hirondelle rustique qui a servi de base à l'installation. Le minuscule Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) qui le squatte depuis des années n'a aucun mal à se glisser dans une fente en haut de la porte pour accéder au local.

Reste à espérer que le chat de la maison ne sera pas là le jour où les douze petits sortiront du nid pour commencer l'apprentissage du vol...

 

Dans les bois, les loges de Pics sont très recherchées. Ce sont les Pics noirs, les plus puissants du bec, qui les creusent chaque année en hauteur dans des arbres sains ou malades. Délaissées, elles servent de nichoirs à d'autres espèces.

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Et d'abord d'autres Pics, comme ici un Pic épeiche (Dendrocopos major)... a qui succèdera peut-être, plus tard dans la même saison, une Sittelle torchepot ou un Etourneau sansonnet.

Ces loges sont protectrices, à défaut d'être confortables pour des oiseaux assez volumineux comme la Chouette hulotte, qui doivent faire preuve de talents d'acrobates lorsqu'il s'agit d'alimenter leurs petits.

 

Les rapaces, avec leur grande envergure, peuvent rencontrer des difficultés à pénétrer dans les frondaisons pour y aménager une aire de grandes dimensions. Mais ils ont des bons moyens pour se défendre des prédateurs aériens.

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Le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) choisit donc des positions dominantes, lesquelles lui permettent aussi de surveiller d'éventuelles approches malveillantes. Des cimes de Pins maritimes, éventuellement brisées par une tempête, peuvent faire l'affaire. L'aire est construite par apport de branchages, et renforcée chaque année, un peu comme un nid de Cigogne. Des apports de mottes d'herbe et de mousses permettent de garnir la "coupe" du nid.

Mais rien n'est parfait : l'exposition au soleil, à la pluie ou au vent peut s'avérer redoutable pour les poussins, même protégés par la femelle. Et les tempêtes peuvent ruiner les moins solides des aires.

 

Les espèces inféodées à l'eau ont tendance à en rester proches, mais elles y courent d'autres risques.

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Ce nid de Poule d'eau (Gallinula chloropus) est très habilement tressé à 1,50m du sol, en accroche de branches d'un Saule situé à quelques dizaines de mètres du bord "ordinaire" de la Loire. Il restera à l'abri des crues normales du printemps, mais pas forcément aux crues plus sévères.

L'autre possibilité pour cet oiseau est le nid flottant, nous y reviendrons : le risque en cas de crue est alors de partir à la dérive, ce qui n'est pas forcément mieux.

 

Certains des oiseaux du fleuve se contentent de former leur nid en creux dans les sables ou les graviers des îlots.

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La Sterne naine (Sternula albifrons) a heureusement des oeufs et des poussins dont les couleurs et les taches se confondent avec celles de leur environnement pour égarer d'éventuels prédateurs. Mais ils sont extrêmement vulnérables aux crues, ainsi qu'aux piétinements que les kayakistes peuvent effectuer sans avoir conscience de la fragilité des reproductions. Après plusieurs années de "malchance" météorologique, la présence de ces oiseaux emblématiques de la Loire est très menacée.

 

Nous voyons déjà, à partir de ces sept exemples, qu'une grande variété de solutions sont mises en oeuvre par nos oiseaux pour abriter cet acte fondamental de la vie animale qu'est la reproduction. Nous continuerons bientôt à vous en présenter d'autres, toujours prises dans notre environnement familier.

 

A suivre...

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Claude Marec 05/03/2014 11:14


Bonjour Jean-Marie. Ton texte illustré est toujours très intéressant. Il est curieux de constater  la grande différence dans les nidifications de la mésange à longue queue et de la mésange
bleue par exemple ! Et tout cela photographié au Mont ! Heureux printemps au patientissime observateur et à sa famille.

 

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